1. Identifier et dater le piano
Marque, modèle, type (droit, quart de queue, demi-queue…), hauteur ou longueur, finition, numéro de série. Le numéro se trouve le plus souvent sur le cadre en fonte, visible en ouvrant le couvercle, parfois sur la table d'harmonie ou à l'arrière. Il donne l'année de fabrication, qui conditionne à la fois la valeur et ce qu'on peut attendre de l'usure. Comment dater un piano avec son numéro de série.
Notez aussi l'environnement : emplacement dans la pièce, proximité d'un radiateur ou d'une fenêtre, hygrométrie mesurée. Un piano qui vit à 30 % d'humidité n'aura pas les mêmes problèmes qu'un piano dans une maison de campagne humide.
2. La table d'harmonie
C'est l'âme sonore du piano. On cherche les fissures, les barres décollées, la perte de bombement. Une fissure fine sans grésillement est fréquente sur un vieux piano et pas forcément grave ; un barrage décollé qui vibre, si. Une photo à la lampe aide le client à comprendre.
3. Les chevalets
Ils transmettent la vibration des cordes à la table. Vérifiez les fentes autour des pointes, les décollements. Un chevalet fendu fait perdre de la tenue de son et peut empêcher un accord stable.
4. Le cadre en fonte
Rarement en cause, mais une fêlure du cadre condamne en pratique le piano. Il faut la chercher, surtout après un déménagement mal fait.
5. Le sommier et les chevilles
Point décisif : si les chevilles ne tiennent plus, le piano ne tiendra pas l'accord. Notez le couple ressenti à la clé, les chevilles déjà remplacées par un diamètre supérieur, les traces de produit de serrage. Selon l'état : chevilles à surdimensionner, re-cordage, voire changement de sommier.
6. Les cordes
Oxydation, cordes filées qui sonnent mort, cordes déjà remplacées, risque de casse à la remontée au diapason. Si le piano est très bas, notez le diapason mesuré : remonter un piano de plusieurs dizaines de cents demande souvent plusieurs passages.
7. Le diapason
Le la de référence aujourd'hui est à 442 Hz pour la plupart des pianos. Mesurez où se trouve le piano. Un écart important explique au client pourquoi un simple accord ne suffira pas, et justifie une remontée progressive.
8. La mécanique
Usure des feutres et des peaux, jeu dans les axes, ressorts, mortaises de balancier et d'enfoncement. Une mécanique déréglée rend le jeu irrégulier même sur un piano juste. On distingue le réglage complet (l'intervention la plus fréquente) de la restauration (pièces à changer).
9. Les marteaux
Profondeur des sillons, feutre tassé ou durci, alignement. Selon l'usure : égalisation (on reprend la forme du feutre), harmonisation (on travaille le feutre pour retrouver un son homogène) ou remplacement.
10. Les étouffoirs
Un étouffoir qui coupe mal laisse la note résonner. Feutres durcis ou mal réglés : à noter, c'est une gêne que le client entend tout de suite.
11. Le clavier et les pédales
Touches qui accrochent ou s'enfoncent mal, plaquages en ivoire ou en plastique décollés, enfoncement irrégulier. Pédales qui grincent ou n'agissent plus. Pour l'ivoire, mentionnez sa présence : sa vente est encadrée, ce qui compte si le piano est revendu.
12. Le meuble et le vernis
Rayures, éclats, vernis craquelé, laque abîmée, état des charnières et des roulettes. Ces travaux sont esthétiques mais pèsent lourd dans la valeur de revente.
Conclure : l'état, les travaux, la valeur

Classez les travaux en trois niveaux : indispensables (pour que le piano fonctionne et tienne l'accord), optionnels (pour améliorer le jeu ou le son) et esthétiques. Donnez une valeur en l'état et une valeur après travaux. Si le client veut vendre, chiffrez la reprise ou le dépôt-vente et le net qui lui reviendrait.
Le client prend sa décision sur des faits, des photos et deux ou trois montants clairs. C'est exactement ce que produit la fiche d'Expertise Piano.
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